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Le mentorat, une vocation nantaise

230 mentors dans chaque quartier pour redonner espoir aux nouvelles générations.

« Quand on ne sait pas où l’on va, tous les chemins mènent nulle part  ». Cette conviction partagée par Henry Kissinger pourrait s’appliquer aux jeunes Nantais (en école primaire, collégiens et lycéens) à la recherche d’une boussole. Une réponse existe avec le mentorat mené par les associations engagées pour la réussite de chaque enfant. Ils sont plusieurs centaines à être mentorés chaque année au sein de la Métropole.


Comprendre le défi


Les mentors sont des cadres, des entrepreneurs, des étudiants investis, des gens expérimentés de tous horizons désireux de transmettre leur savoir et leur savoir-faire, et de faire la courte échelle à des mentorés. Ces jeunes ont du potentiel mais ne disposent ni du réseau ni des clefs pour franchir certaines portes. Il ne s’agit pas de passe-droits, plutôt de mérite. Ce dernier n’est pas un gros mot. Au contraire, il s’agit d’une valeur à défendre. Pour les mentors, inspirer est le maître-mot : partager leur expérience, donner les codes, aider à construire un projet et en souligner les contraintes. Pourtant, c’est bien le mentoré qui a son destin en mains.


La logique du mentorat trouve son terrain d’expression dans les quartiers relevant de la politique de la ville où, trop souvent, les jeunes ne bénéficient pas de l’information et des modèles d’identification accessibles. Un habitant des quartiers qui réussit choisit généralement de les quitter. Pour garantir l’égalité des chances, il est donc fondamental de proposer des solutions qui constituent une alliance des quartiers nantais : le mentorat est un exemple tout trouvé. A Nantes, nous avons l’ambition de faire mentir l’OCDE qui estimait, en 2018, à 6 générations le temps nécessaire en France pour qu’un enfant d’une famille défavorisée atteigne le revenu moyen. Grandir et construire son avenir à Nantes doit être la garantie d’avoir toutes les cartes en mains pour réussir dans la vie.


Les yeux rivés sur l’avenir


Concret, le mentorat produit des résultats. 81% des jeunes accompagnés par l’association Article 1 ont pu mieux exprimer leurs aspirations grâce à la relation avec leur mentor. En sortie d’études supérieures, la probabilité que son mentoré trouve un emploi 6 mois après la sortie de ses études augmente de 28 % (passage de 67% à 85,9%). Cette belle mission est remplie par de nombreux bénévoles nantais au nombre grandissant mais – toujours – insuffisant. Les associations nantaises ne manquent pas de jeunes désireux d’être mentorés ou d’établissements scolaires convaincus du besoin d’accompagnement d’élèves. Elles manquent de mentors.


Pallier ce manque représente un enjeu aussi bien pour la société civile que pour les élus locaux qui peuvent, à leur niveau, devenir les porte-paroles de ce projet de ville du mentorat. Un lieu où l’effort et le mérite sont récompensés, où chaque jeune a des rêves et les raisons d’y croire. La ville de Nantes gagnerait à soutenir les outils du parcours méritocratique complet. En complétant les Cordées de la Réussite au niveau collège-lycée, où les étudiants montrent la voie, le mentorat suivrait afin que chaque nantais s’interroge : pourquoi pas moi ?


Les enjeux du mentor et du mentoré


Sur le chemin de cet idéal, de nombreux obstacles se dressent. Dans leur parcours de mentor, les bénévoles passent par plusieurs étapes : l’indignation d’abord, la prise de conscience ensuite, la politique des petits pas enfin. Le plus efficace et utile pour comprendre l’environnement des jeunes en difficulté sur le plan scolaire est de se rendre sur place. Aller chez les familles, dans leur lieu de vie, leur salon et devant leur bureau. Souvent, l’absence pure et simple d’un bureau est la première surprise. La demande n°1 aux parents est alors une table, même modeste, et deux chaises. L’objectif est de disposer d’un espace calme et de temps pour se concentrer. Le problème de la compréhension existe également. La barrière de la langue avec la famille ainsi que les différences culturelles et sociales sont autant de défis à relever. Les enfants parlent parfois un français supérieur à leurs parents. La ville de Nantes doit soutenir la formation des bénévoles pour les aider à appréhender ces réalités et à apporter les réponses appropriées.


Pour le jeune mentoré, s’engage alors un chemin complexe, fait de hauts et de bas. Une bonne note ou un résultat encourageant au DELF (Diplôme d'Etudes en Langue Française) peut récompenser les nombreuses heures consacrées à une dictée, un exercice de mathématiques ou un cours d’histoire. L’essentiel est là : une perspective émerge. Pour les parents, grâce au mentorat, les premières certitudes se construisent : 94% d’entre eux constatent que l’enfant a plus confiance en lui et 85% que les résultats progressent (source : Entraide Scolaire Amicale).


Une approche par quartier


Dans la méthode, il convient de développer localement l’initiative 1 jeune 1 mentor lancée en mars 2021 par le Président de la République (au sein du plan global 1 Jeune 1 Solution), et qui vise 200.000 jeunes bénéficiaires en 2022. Lorsque la majorité gouvernementale va dans le bon sens, nous souhaitons nous inscrire dans la dynamique et l’accélérer. Le défi sera de l’appliquer localement, de la faire vivre avec cohérence et mesure dans les objectifs. Quatre freins à la réussite y sont identifiés : le déterminisme social, les inégalités scolaires, l’autocensure et le chômage. Nous proposons donc une déclinaison des objectifs de cet appel à projets à l’échelle des onze quartiers nantais. D’après les retours des associations nantaises que nous avons consulté, il n’y a pas encore d’ambition commune chiffrée à l’échelle de Nantes. Aujourd’hui, en 2023, 1500 jeunes sont mentorés. Il faut accélérer. Notre objectif ? Atteindre 2 500 binômes en 2030 à l’échelle de la ville, soit 230 par quartier, répartis entre les associations implantées. Les quartiers nantais seraient ainsi à l’unisson autour d’un même intérêt : inspirer la réussite de nos jeunes générations.

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